8 Secrets de « Bourrins » pour une écriture addictive, par les maîtres du Pulp

Par , Le 24 décembre 2025 (Temps de lecture estimé : 5 min)

On va parler technique aujourd’hui, mais oubliez les cours de littérature poussiéreux. On va parler Pulp. Au début du XXe siècle, les auteurs de magazines bon marché n’avaient qu’une règle : ne jamais être ennuyeux. S’ils l’étaient, le lecteur jetait le magazine et l’auteur ne mangeait pas.

8pulps

J’ai énormément lu les légendes du genre (Lovecraft, Chandler, Howard…) et j’ai réalisé un truc : sans le vouloir, ce sont leurs méthodes que j’utilise pour Les Chroniques Cosmiques de Didier.

Voici les 8 commandements du Pulp, illustrés par les maîtres du genre et… par mes soins.

La Répartie qui tue (La méthode Dashiell Hammett)

Dans le Pulp, les dialogues ne sont pas des échanges d’informations, ce sont des duels. Une bonne réplique doit clouer le bec.

  • Le Maître (Hammett) : «Le problème quand on additionne deux et deux, c’est que parfois on obtient quatre, et parfois on obtient vingt-deux.»
  • La version Didier : Quand le capitaine Sholt essaie de l’intimider avec ses grosses tourelles, Didier ne se défend pas. Il attaque directement la virilité du bonhomme.

     

    Putain tu commences à me les briser ! […] insoumis par cette démonstration turgescente d’un homme qui a de façon évidente des problèmes érectiles.

     

L’Atmosphère Viscérale (La méthode H.P. Lovecraft)

Le scénario, c’est bien. Mais faire sentir le malaise au lecteur, c’est mieux. Lovecraft misait tout sur le sensoriel (l’odeur, le gluant, l’indescriptible).

  • Le Maître (Lovecraft) : Il ne décrit pas un monstre, il décrit une «lueur maladive et des sons visqueux»
  • La version Didier : Quand je vous raconte que Didier a des puces, je ne veux pas que vous le sachiez, je veux que ça vous gratte.

     

    Courant et sautillant, se rassemblant par dizaines dans les tranchées de ses écailles croûteuses, des milliers de grains noirs le mangent.

     

Le « Hook » Immédiat (La méthode Max Brand)

Le roi du Western, Max Brand, ne perdait pas de temps avec la météo. Il posait une bombe dès la première ligne.

  • Le Maître (Brand) : «Trois hommes arrivèrent à l’horizon… et l’un d’eux devait mourir avant le matin.»
  • La version Didier : Pas de préambule géopolitique. On commence direct : 21h30, un saurien, et une dalle monstrueuse.

     

    «Didier a les crocs. Littéralement. Huit centimètres d’émail brut, tranchants comme des rasoirs.»

     

L’Escalade de l’Absurde (La méthode « Doc » Smith)

C’est le père du Space Opera. Sa philosophie ? La subtilité, c’est pour les faibles. Quand la situation est intense, il faut doubler la mise, quitte à en faire trop.

  • Le Maître (Doc Smith) : Ses héros ne se battent pas avec des pistolets, mais en balançant des planètes entières.
  • La version Didier : Didier a une démangeaison insupportable dans un resto chic ? Un personnage normal irait aux toilettes. Didier, lui, applique la méthode «Doc Smith» :

     

    «Il attrape la marmite de ses grosses mains viriles et plonge ses testicules déjà en feu, dans le potage si réputé dans le système solaire.»

     

Le « Clash » Verbal (La méthode Robert E. Howard)

L’auteur de Conan utilisait le «Flyting» : l’art ancestral de s’insulter avec style avant de se taper dessus.

  • Le Maître (Howard) : «Les hommes civilisés sont impolis car ils savent qu’ils peuvent l’être sans avoir le crâne fendu.»
  • La version Didier : Sholt provoque Didier. Didier répond en l’insultant d’animal de ferme. C’est bas, c’est méchant, c’est Pulp.

     

    Madame Sholt doit aimer la campagne, elle a un porc à nourrir à la maison et s’y donne à cœur joie.

     

Le Cocktail de Genres (La méthode C.L. Moore)

Pourquoi choisir entre Sci-Fi, Horreur et Comédie ? C.L. Moore mélangeait tout sans complexe.

  • Le Maître (Moore) : Une histoire de Western sur Mars qui finit en mythe grec horrifique (Shambleau).
  • La version Didier : Je mélange la Hard SF (implants neuraux, orbite synchronisée) avec de l’humour de vestiaire. La technologie sert la vanne. Pour le reste des influences qui parsèmeront l’aventure, lisez la suite prochainement :

    L’implant facial de Didier est une merveille technologique connectée au cerveau reptilien… qui lui sert surtout à ne pas sourire bizarrement pour éviter de « se retrouver finalement avec un tir plasma en pleine poire. »

     

La Métaphore qui Tache (La méthode Raymond Chandler)

Chandler est le roi du polar noir. Ses descriptions sont des images qui vous restent en tête comme la chanson des 2be3 mais en plus classe.

  • Le Maître (Chandler) : «Un sourire d’exécuteur venant prendre vos mesures pour la corde.»
  • La version Didier : La mort de Sholt n’est pas juste une mort. C’est de l’art abstrait macabre.

     

    Une myriade de bouts de viande, d’os et de gelée […] Enfin de belles ornementations… Une voie lactée, faite de chaires humaines.

     

La Surprise Brutale (La méthode Edgar Rice Burroughs)

L’auteur de Tarzan ne laissait jamais le lecteur respirer. Chaque fin de chapitre devait être un cliffhanger ou un choc.

  • Le Maître (Burroughs) : Finir le chapitre pile quand le monstre attaque.
  • La version Didier : L’interrogatoire tourne en rond ? BOUM. Xynthia débarque, explose la tête du flic et lance la fuite en deux secondes chrono.

     

    Sans sommation, la femme lui tire dans le crâne. […] «Didier, on va devoir courir. Et vite.»

     

Voilà la recette. On prend les codes classiques, on les passe au mixeur avec un lézard de deux mètres et beaucoup de fluides corporels.

La suite au prochain épisode.

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Florent DIAS

Nourri par les Landes, Tolkien et le cinéma d'auteur, je m'inscris dans une tradition millénaire de narration. Mon univers explore des dimensions épiques, de l'antiquité à la science-fiction, pour partager un monde intérieur sincère.

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