Alors que la mission Artémis II vient de frôler la Lune, ce texte nous invite à lever les yeux. Entre vertige cosmique et amertume face à nos querelles terrestres, je plaide pour que l’humanité dépasse son hubris et choisisse la Beauté.

Nous sommes le 7 avril 2026, et alors que vous lisez ces lignes, l’humanité vient de franchir une frontière qu’elle n’avait plus effleurée depuis plus d’un demi-siècle. Dans la nuit du 6 au 7 avril, les quatre astronautes de la mission Artémis II, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, ont survolé la face cachée de la Lune à bord du vaisseau Orion.
Ils ne se sont pas contentés de revenir, ils ont battu le record absolu de distance humaine, s’aventurant à plus de 406 000 km de notre « bille bleue », là où le silence radio de quarante minutes derrière l’astre sélène a laissé place à une émotion pure lors du lever de Terre. Cette mission de dix jours, lancée le 1er avril dernier, n’est pas qu’un succès technologique du lanceur SLS, c’est le prélude d’un potentiel retour durable sur le sol lunaire.
C’est dans ce contexte d’émerveillement et de vertige aussi cosmique qu’esthétique, que s’inscrit cette réflexion :
Ça peut paraître banal ce que je vais dire, mais, depuis tout petit, l’espace m’a toujours fasciné, et, avec le temps, cette passion ne s’est jamais tarie. Fermez les yeux et imaginez-vous pendant quelques instants, et en ne tenant pas compte des lois de la physique sur votre corps, flottant, tombant inéluctablement, entre la Lune et la Terre. Observez cette sphère d’un bleu profond, ornée de flocons cotonneux suspendus dans les airs, répandant leur ombre sur des étendues considérables de terres émergées des flots, sur cette planète insoupçonnée qui abrite pourtant la vie. Cette petite bille de roches, d’eau et d’air, protégée par une autre petite bille, dans l’immensité de l’Univers, résultante d’une rencontre fortuite.

Et dans tout cet ordonnancement hasardeux ou destiné, au milieu de multiples autres êtres réplicatifs et homéostatiques, il y a vous et moi. De là où vous êtes, vous ne voyez pas ces animaux. Vous ne voyez pas leurs civilisations. Vous verrez certes leurs lumières artificielles comme autant de lucioles dans un buisson, mais pas leurs atermoiements numériques, pas leurs guerres intestines pour le contrôle d’autrui. C’est comme si vous étiez dans un autre espace-temps, celui de la beauté des grandes dimensions.
Nous, tout petit grain de sable, nous nous agitons au milieu de cette élégante simplicité cosmique. Nous avons démontré notre habileté à édifier des merveilles architecturales remarquables, depuis les grottes ornées jusqu’aux cathédrales, en passant par les récits mythiques et les productions cinématographiques qui s’efforcent de recréer numériquement l’expérience vécue par les astronautes de la mission Artémis II.
Loin de moi l’espoir de fou à lier de croire l’humanité capable de n’être composée que de doux rêveurs et d’artistes talentueux. Mais force est de constater que nous alimentons encore et encore nos vieux démons. Les uns cherchent à sustenter leurs égos jaloux en pointant du doigt son voisin. Les autres ne font aucune économie de larmoiement victimaire pour taire toute critique quant à leurs idées nauséabondes. Et cela va de débats en débats pour savoir quel est le meilleur moyen, de la gauche ou de la droite, pour assujettir le plus efficacement son prochain.
Comme je l’ai mentionné précédemment, la Lune est apparue par hasard, grâce à la collision improbable de deux corps célestes. Cette Lune que vous regardez depuis votre enfance, les yeux remplis d’émerveillement et des histoires plein la tête et qui aujourd’hui, vient d’être survolée par des gens d’exception. En perspective, voyez à quel point nous sommes tous si ridicules et à quel point nous gaspillons notre temps pour l’Injuste et le Laid. Autant d’énergie à écouter des «puissants» séniles et belliqueux, ou d’autres qui vous promettent le repas gratuit ( TANSTAFL, Révolte sur la Lune – Robert Heinlein). Tous ralentissent in fine la marche de l’humanité.

Et alors je suis malade, comme à chaque retour du printemps, et que je me suis efforcé à passer une nuit blanche pour assister à la mission Artémis II, mon syndrome de Stendhal fut réveillé par le spectacle stupéfiant que je regardai. Je me suis dit alors que nous sommes encore une fois capables d’accomplir tellement mieux, tellement plus grand, tellement plus Beau. Qu’il nous suffirait de mettre notre hubris de côté, d’échanger librement et pacifiquement, de poursuivre nos rêves de dépasser de nouvelles frontières, pour que la Civilisation humaine poursuive sa Grande Route dans l’Espace.
Ce n’est peut-être qu’une chimère, mais je veux croire que les rêves sont faits pour être réalisés, sinon rien de plus grand que l’Homme n’aurait pu advenir.

David
Imagine tout le budget, l’expertise, les bases spatiale et les complexes industrio-spatiale. Tout combiné dans un seul effort et une optimisation des ressources pour les projets de ce type. Je soustrais tout ce qui est guerre de budget en interne même avec un programme réellement international. La puissance de l’humanité à accomplir des choses grandioses serait inouïe ! Ça peut paraître un peu « Gaya pierre d’énergie » mais j’aimerai voir des simulations de ce genre de réalité alternative. On pourrait ajouter tout ce qui est militaire pour l’effort spatiale et voir les possibilités offerte dans ces mondes via des modèles du même genre. On aurait aussi la fusion nucléaire en 2028 !