Manifeste

Par , Le 28 janvier 2025 (Temps de lecture estimé : 5 min)

Face à la médiocrité d’une culture de masse et algorithmique, je choisis l’artisanat littéraire pour retrouver un minimum de sens. Loin des réseaux, découvrez mes récits cent pour cent humains, conçus pour réenchanter notre imaginaire collectif.

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Arrête de chialer, crée ! Tel est le mot d’ordre que je me suis donné comme mission de propager. Car j’ai toujours trouvé très hypocrite de pleurer sur des productions qui ne nous plaisent pas, qui nous heurtent, mais sans jamais mettre la main à la patte. Durant plusieurs années, j’ai tenté de distribuer ce message, dans différents milieux remplis de -isme mais sans aucune profonde volonté. J’ai initié des groupes, contribué à ma manière à l’émergence de ce qui est devenu, aujourd’hui, de pâles parodies et caricatures. Si vous portez intensément vos valeurs, votre seul et unique combat devrait être celui de la Culture. Non pas en la confondant avec l’agitation médiatique et les bulles des réseaux numériques. C’est pourquoi, après avoir passé autant de temps à faire le travail que peu voulaient faire, je me décide à m’investir pleinement dans ce qui me passionne : l’écriture. Rédiger des textes, inventer des histoires qui s’inspirent d’époques révolues à ma grande désespérance. Le temps où les auteurs trimaient sur leurs machines à écrire, créant avec sueur et sang une histoire par mois, pour les publier dans des magazines au papier à bas coût. L’époque où l’on rêvait d’espace, de mars peuplé d’aliens à la peau verte, de pistolasers et d’anarchie galactique. D’auteurs qui avaient à cœur de donner corps à leurs mondes, où des humains primitifs côtoyaient des êtres étranges et redécouvraient des valeurs universelles, comme l’écriture de nouveaux mythes à notre destination afin que nous n’oubliions pas ce qui devrait nous rassembler plutôt que nous entre-déchirer. Le Vrai, le Beau, le Juste, sous toutes leurs facettes : du roman de voyage à l’indicible horreur fantastique, des combats spatiaux aux chants d’elfes perdant leur regard par-delà les Montagnes Bleues. La guerre que se mènent des auteurs vite apparus et vite oubliés d’aujourd’hui, les agitateurs des bulles twitter, ne construisent rien. Ils ne font qu’ajouter leurs jérémiades à la cacophonie numérique. Le tout orchestré non par Melkor, mais par l’algorithme, guide suprême de nos vies virtualisées. Le médiocre, moyenne de la production de contenus, et le mot en dit long, incultes et passables sont devenus la norme. Une norme qui nourrit les ogres de data center, véritables trous noirs desquels aucune lumière ne peut espérer s’en échapper. S’ajoutant à la clameur de la foule électronique, les algorithmes génératifs, que l’on nous présente comme « intelligents », contribuent à l’étalage de cette confiture insipide. Inhumaine par essence puisque non consciente et incapable d’intention, l’A.G ne peut que nous servir d’outil, de façon modérée. L’hubris, toujours l’hubris.

Il suffit de constater l’état effroyable de notre culture de masse pour en voir les ravages. Les étals, qu’ils soient virtuels ou physiques, croulent sous le poids d’une littérature exsangue qui ressemble davantage à de la mauvaise fanfiction qu’à la grande tradition de l’imaginaire. On y recycle ad nauseam les mêmes tropes éculés, des romances préfabriquées et des mondes de pacotille, calibrés pour procurer un shoot de dopamine immédiat sans jamais bousculer le lecteur, au profit d’un système du livre qui ne souhaite pas changer. Et au milieu de ce marasme, les Grands Modèles de Langage (LLM) viennent porter le coup de grâce. Ils ne se contentent pas de vomir du texte au kilomètre ; ils creusent une abyssale dette cognitive. En sous-traitant notre réflexion, notre syntaxe et la moindre étincelle de notre imaginaire à des machines, nous atrophions notre propre capacité à penser le monde. C’est un pourrissement intellectuel profond, une capitulation volontaire de l’esprit critique face au confort illusoire de l’assistance algorithmique.

Dans ma production, l’écriture étant au cœur de ma recherche de sens, vous ne trouverez nul GPT, Claude ou Gemini dans mes phrases. Faute d’illustrateurs, et à moins que les soutiens se pressent à la porte, je me réserve le droit d’utiliser l’A.G afin d’agrémenter mes articles et pages web. Bien entendu je réserverai toujours une part plus importante à l’art, et donc à l’humain, si l’occasion se présente. Le but avec ce site et ma démarche est de revenir au temps long, cette fameuse préférence temporelle. Car rien de beau ne peut naître dans la précipitation et dans le bruit, à part le chaos et la difformité culturelle. Car nous gardons, encore aujourd’hui, une fascination pour les individus qui créent par eux-mêmes, qui cherchent à s’améliorer, à s’élever, à affronter les épreuves desquelles naissent les belles œuvres. Peut-être que dans un temps plus ou moins long, ce nombre de gens amoureux de l’artisanat se réduira. Mais le désespoir est une sottise et, tant qu’il y aura des humains, il y aura création d’histoires que liront d’autres humains.

Calme, résilience, liberté hors des statistiques des réseaux, un retour au réel qui redonne du souffle à la créativité et souveraineté à l’âme. Si ce texte vous parle alors n’hésitez pas à me lire, à me soutenir mais surtout à créer, à réenchanter le monde face aux demi-habiles de toutes idéologies qui ont pris, de part et d’autre de l’échiquier, en otage ce qu’il y a de plus beau en nous : le rêve.

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Florent DIAS

Nourri par les Landes, Tolkien et le cinéma d'auteur, je m'inscris dans une tradition millénaire de narration. Mon univers explore des dimensions épiques, de l'antiquité à la science-fiction, pour partager un monde intérieur sincère.

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